Sept jours sans manger pour avoir le droit de lire un journal
Du 1er au 7 octobre 2026, l’opposant Ahmed Néjib Chebbi, plus de 80 ans, a fait la grève de la faim dans sa cellule. Sa revendication : l’accès aux chaînes d’information, aux journaux et aux livres. Un autre détenu, Abdelhamid Jelassi, a suivi.

Une grève pour un journal, une chaîne, un livre
Le 1er octobre 2026, Ahmed Néjib Chebbi cesse de s’alimenter dans sa cellule. Le président du Front de salut national proteste contre les restrictions qui lui sont imposées en prison : l’accès aux chaînes d’information, aux journaux et aux livres, selon sa famille et le parti Al Joumhouri, cités par Maghreb Emergent. D’après le journaliste Zied El Heni, les grévistes protestent notamment contre l’interruption de la diffusion de la chaîne TV5 Monde.
Figure historique de l’opposition, ancien dirigeant du Parti démocrate progressiste, Ahmed Néjib Chebbi a été condamné à douze ans de prison en appel dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État ». Il est incarcéré depuis le 4 décembre 2025. Son dossier est détaillé sur notre page consacrée aux opposants emprisonnés.
Hospitalisé, puis grève suspendue
Le 5 octobre, au cinquième jour de la grève, son comité de défense tient une conférence de presse sur les droits des détenus et leurs conditions de détention. Il appelle au respect « des libertés, de la dignité humaine et des droits des personnes privées de liberté », quelle que soit leur appartenance politique, rapporte Business News.
Selon le même média, Ahmed Néjib Chebbi est transféré à l’hôpital à plusieurs reprises, notamment pour une forte baisse de sa glycémie et de sa tension. Le mercredi 7 octobre, son fils Louay annonce qu’il suspend provisoirement sa grève de la faim.
D’autres détenus suivent
Le lundi 5 octobre, le détenu politique Abdelhamid Jelassi entame une grève de la faim ouverte, accompagnée d’un refus de suivi médical en prison. Le samedi 10 octobre, le journaliste Zied El Heni annonce son soutien aux deux grévistes et sa décision de se joindre symboliquement au mouvement, en défense du droit à l’information.
Un appel international
Le 8 octobre, plus de 150 personnalités de Tunisie, d’Algérie, du Maroc, de France, du Canada et d’ailleurs, universitaires, journalistes, avocats et militants des droits humains, signent un appel pour la libération d’Ahmed Néjib Chebbi et de l’ensemble des détenus politiques et d’opinion. Parmi elles : Étienne Balibar, Gilbert Achcar, Olivier Besancenot et Benjamin Stora.
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« Sept jours sans manger pour avoir le droit de lire un journal », kaissaied.com, mis à jour le 17 octobre 2026. https://kaissaied.com/actualites/greve-de-la-faim-nejib-chebbi/
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