Liberté d’expression en Tunisie : risqueriez-vous la prison ?
Que reste-t-il de la liberté d’expression en Tunisie sous Kais Saied ? Faites le test : neuf questions sur des choses que vous avez peut-être déjà faites cette semaine. Pour chacune, vous découvrirez ce qui est arrivé, en vrai, à une Tunisienne ou à un Tunisien qui a fait la même chose. Répondez honnêtement : personne ne vous surveille. Enfin, ici.
Chef d’accusation retenu contre vous.
Bonne réponse. Pour l’instant.
Ce qui est arrivé à Sonia Dahmani, avocate et chroniqueuse : Arrêtée le 11 mai 2024 au siège de l’Ordre des avocats après des propos ironiques sur la situation du pays à la télévision, puis condamnée à plusieurs reprises au titre du décret-loi 54. Plus de dix-huit mois de détention. En savoir plus
Chef d’accusation retenu contre vous.
Bonne réponse. Pour l’instant.
Ce qui est arrivé à Borhen Bsaies et Mourad Zeghidi, chroniqueurs : Arrêtés en mai 2024 pour leurs commentaires à l’antenne et condamnés au titre du décret-loi 54, puis à trois ans et demi de prison en janvier 2026 dans une affaire de blanchiment. Reporters sans frontières parle de persécution judiciaire. En savoir plus
Chef d’accusation retenu contre vous.
Bonne réponse. Pour l’instant.
Ce qui est arrivé à Bechir Akremi, ancien procureur de Tunis : Révoqué par décret, arrêté par la brigade antiterroriste, interné en psychiatrie, puis condamné à 29 ans de prison en appel et à 15 ans dans une autre affaire. L’ONU a jugé sa détention arbitraire. En savoir plus
Chef d’accusation retenu contre vous.
Bonne réponse. Pour l’instant.
Ce qui est arrivé à Ahmed Souab, ancien juge et avocat : Arrêté en avril 2025 sous la loi antiterroriste pour avoir dit que les juges avaient « le couteau sous la gorge ». Condamné à cinq ans de prison après une audience de quelques minutes, peine ramenée à dix mois en appel. En savoir plus
Chef d’accusation retenu contre vous.
Bonne réponse. Pour l’instant.
Ce qui est arrivé à Les accusés de l’affaire du « complot » : Selon Human Rights Watch, l’accusation reposait notamment sur des conversations privées avec des diplomates étrangers et, parfois, de simples photos avec des responsables étrangers. Peines en appel : de 5 à 45 ans de prison. En savoir plus
Chef d’accusation retenu contre vous.
Bonne réponse. Pour l’instant.
Ce qui est arrivé à Anas Hmaidi, président de l’Association des magistrats tunisiens : Il avait conduit la grève des juges contre la révocation de 57 magistrats. Condamné en avril 2026 à un an de prison pour « entrave à la liberté du travail ». En savoir plus
Chef d’accusation retenu contre vous.
Bonne réponse. Pour l’instant.
Ce qui est arrivé à Saadia Mosbah, présidente de Mnemty : Arrêtée en mai 2024 et poursuivie pour la gestion financière de son association antiraciste. Condamnée à huit ans de prison, peine confirmée en appel en juin 2026. En savoir plus
Chef d’accusation retenu contre vous.
Bonne réponse. Pour l’instant.
Ce qui est arrivé à Ayachi Zammel, candidat à la présidentielle de 2024 : Arrêté en pleine campagne et resté candidat depuis sa cellule. Selon la Commission internationale de juristes, il a été condamné à plus de douze ans de prison pour des infractions liées aux parrainages. En savoir plus
Chef d’accusation retenu contre vous.
Bonne réponse. Pour l’instant.
Ce qui est arrivé à Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre : Arrêtée le 3 octobre 2023 alors qu’elle tentait de déposer des recours contre des décrets présidentiels au bureau d’ordre de la présidence. Condamnée à dix ans de prison en appel en mars 2026. En savoir plus
Chefs d’accusation retenus contre vous : sur 9
Coupable. En Tunisie, des personnes ont été emprisonnées pour chacune des choses que vous venez d’avouer. Votre audience durera sept minutes, en votre absence. Votre avocat, s’il ose vous défendre, risque de vous rejoindre.
Aucun chef d’accusation ? Félicitations. Malheureusement, vous venez de lire un site entier consacré aux abus de Kais Saied, ce qui, à Tunis, suffit souvent à ouvrir un dossier. Verdict : coupable de lecture.
Pourquoi ce test ?
Chaque question renvoie à une affaire réelle, documentée par les Nations unies, des ONG ou la presse (sources en bas de page). Derrière l’humour, ces personnes ont perdu des mois ou des années de leur vie. Leurs histoires sont détaillées dans nos pages sur les prisonniers politiques et l’affaire Bechir Akremi.